Une perle à la fois,

la répétition comme outil de régularisation, créer pour ne pas déchirer.

L’art est thérapeutique, ça c’est mon opinion. Sans les artistes, la moitié de la population serait folle s’ils n’étaient pas là pour « recréer » la peine.

-Louise Bourgeois


J’ai redécouvert le plaisir des billes et du perlage à l’automne 2024, lorsque j’ai reçu un énorme don de matériel provenant de la grand-mère d’une amie. Ce don de Claire m’a offert plusieurs semaines de tri, remplies de matériaux de grande qualité, tous soigneusement enfilés et classés. Je redécouvre, puisque les perles sont dans ma vie depuis l’adolescence : ma mère m’avait équipée de matériel de base et j’ai découvert l’assemblage de bijoux avec plaisir et émerveillement. Je me souviens d’avoir offert plusieurs bijoux comme cadeaux à mes proches, j’utilise même encore mes précieuses pinces plates orange. À cette époque, naïvement, j’avais l’impression que c’était juste un hobby, juste un loisir comme toutes les madames qui trippent sur le salon des métiers d’art.

L’apaisement que m’apporte le tri des textures et des couleurs est presque addictif, tout comme la sensation des perles au bout de mes doigts. Lorsque l’anxiété et mes ombres deviennent trop lourdes à porter, c’est parfois la seule chose que je sois capable de faire. En grandissant, j’ai compris que mes hobbies, mon craft, étaient plus essentiels que je croyais, jusqu’à en devenir vital. Chaque pièce est assemblée avec attention et intention. Chaque bille devient une petite thérapie, une pause pour mon cerveau agité. J’avais déjà observé cette mécanique qui s’opère en moi : chaque janvier, le mode automatique arrive, mon corps est paralysé par l’anxiété, mes mes doigts sont hyperactifs, je dois tomber dans les couleurs afin de me protéger jusqu’à avril.

Une perle à la fois, la répétition comme outil de régularisation, créer pour ne pas déchirer. Une crainte que je partage avec l’artiste plasticienne Louise Bourgeois. J’ai compris comment cette action de perler, comment la répétition m’amenait dans un état de méditation, de calme, où mon anxiété se terrait un peu. J’ai compris qu’on était au moins deux à vivre ça quand j’ai entendu cette citation de Louise Bourgeois : « Ma lutte contre l’anxiété a duré toute ma vie, mais c’était plus ou moins pénible. C’était plus ou moins paisible… et pénible. Toute la totalité de mon œuvre a été thérapeutique, c’est-à-dire que l’art devient une thérapie. » Aujourd’hui, je sais que (presque) toutes les femmes artistes partagent cette relation à leur art de prédilection. Merci de m’inspirer, me valider. 

Ma démarche pour cette série de colliers est donc de me laisser guider par l’océan de possibilités qui s’offre à moi, de laisser les couleurs traduire mes émotions, une bille à la fois. Chaque pièce est unique, faite à partir de perles-billes-quincaillerie recyclées, seul le fil métallique est neuf. Magasiner mes pièces disponible dans la section Bijoux et Accessoires. merci !

— Chloé, février 2026


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